La place de George Lacombe dans le symbbolisme n'était pas vraiment reconnue avant les années 1980, quand les recher hes de Douglas Druick dans The Art Bulletin ont montré l'originalité de son travail. La Marie Madeleine agenouillée montre bien ce changement dans la façon de voir son oeuvre : elle est simple, droite et représente un passage entre la sculpture religieuse du XIXème siècle et une spiritualité plus moderne.

Cette nouvelle lecture devient plus claire si on compare la Madeleine avec une autre sculpture importante de Lacombe, Le Sorcier d'Hiva-Oa ( vers 1897-1898 ). Cette oeuvre aussi est faite dans un bois laissé brut et elle montre la même idée de faire de la matière quelque chose de spirituel. La Madeleine est calme et montre une foi chrétienne intérieure mais le Le Sorcier a une force plus naturelle, comme les statues de l'Océanie. Ces deux oeuvres démontrent que Lacombe cherche à cette époque différentes façons de faire une sculpture spirituelle, sans raconter une histoire, et que pour lui, la matière est très importante pour parler du sacré.

Les nouveaux regards apportés par Maurice Serullaz et également les études d'Isabelle Cahn et Amandine Rolland montrent que les années 1893-1900 sont très importantes pour la sculpture de Lacombe. Belinda Thompson pense même que ces oeuvres sont au centre d'un symbolisme européen où le matériau lui même devient un moyen pour dire quelque chose.

 

Sources : 

Druick, Douglas - " George Lacombe : A Sculptor Among the Painters ", The Art Bulletin, 1980

Serullaz, Maurice - Les Nabis et leur temps. Hazan, 1990

Cahn, Isabelle - Revue du Louvre, 2003

Rolland, Amandine - George Lacombe et la spiritualité symboliste, M2 Sorbonne, 2016

Thompson, Belinda - The Symbolist Art Movement, Phaidon, 2000

Facos, Michelle - Art Journal, 1990

Base POP / Joconde (notice n*00000095879